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Un peu d'histoire » La tour des Martyrs

Un peu d'histoire

La tour des Martyrs

Grâce à ses nombreux voyages en Italie et en Palestine, Mgr Calixte Marquis entre en relation avec des personnalités ecclésiastiques influentes. Il put ainsi amasser une quantité impressionnantes de reliques et c’est surtout à Rome, en 1882, qu’il découvre la plus grand partie de ce trésor puisqu’il se voit attribuer d’un seul coup une pleine chapelle de reliques. L’intérêt particulier de Mgr Marquis pour ces ossements sacrés remonte à l’époque où il avait treize ans, alors qu’une de ses tantes qui était religieuse lui fit cadeau d’une relique.

Tour des Martyrs

Dès lors, il obtient de son évêque, à son retour au pays au mois de mars 1895, la permission de construire un abri pour les reliques. Cette construction sera achevée en 1896 et inaugurée l’année suivante, par l’appellation de la Tour des Martyrs. La Tour des Martyrs est l’unique sanctuaire au monde qui est dédié au culte des reliques et qui en possède autant. Elle contient presque 6 200 restes sacrés : ossements, vêtements, cheveux, linges, chairs, instruments de martyrs, sang, cendres ou encore différents objets qui ont servi ou qui sont venus en contact avec le corps des Saints.

Parmi les principales reliques que renferme la Tour des Martyrs, la plus vénérée est certainement l’os de l’avant-bras de Sainte-Anne, la mère de la bienheureuse Vierge Marie. Les pèlerins de toutes les régions du Québec, du Canada et même des Etats-Unis accourent pour vénérer les objets sacrés durant plus de soixante ans.

Le 24 mai 1895, la santé de Mgr Marquis décline et celui-ci signe un contrat avec les Sœurs Grises dans lequel il leur cède toutes ses propriétés de Saint-Célestin ainsi que l’ensemble de ses reliques à la condition toutefois que ces dernières demeurent dans la paroisse. Une clause toutefois spécifie que s’il y a fermeture de la mission, les propriétés et les reliques passeront entre les mains des Sœurs de l’Assomption et sinon, à la Fabrique de Saint-Célestin.

Le premier pèlerinage à la Tour a lieu le 6 novembre 1898 et est organisé par les paroissiens de Saint-Célestin. Toutefois, Mgr Marquis ne pourra constater de son vivant l’attrait qu’exercera son œuvre, puisqu’il décède le 19 décembre 1904.

L’un des successeurs de Mgr Marquis, l’Abbé Noé Pépin (1920), est le véritable instigateur des pèlerinages à la Tour des Martyrs.

Tour des Martyrs

Et l’Abbé Théophile Melançon, qui voue également une dévotion intense aux reliques, réalise son désir le plus cher en édifiant une nouvelle tour de grande envergure; l’ancienne étant devenue désuète. Le 5 novembre 1929, la première messe y est chantée et à l’automne de l’année suivante, on assiste à la bénédiction de l’aile qui est le premier segment d’une œuvre que l’on devine d’une remarquable beauté. De gigantesque peupliers dominent l’emplacement de ce nouveau temple qui est érigé le long de la route appelée «rang Saint-Joseph». Toutefois, cette œuvre ne sera jamais complétée puisque les défaillances du terrain ne le permettront pas (le sol étant trop glaiseux).

Durant les années trente, la renommée de la Tour des Martyrs est à son apogée. La bénédiction des automobiles est annuelle et ouvre chaque saison. Le 22 mai 1933, la foule comprenait environ 10 000 personnes et lors de cette cérémonie, il y eu plus de 1 000 voitures qui vinrent se mettre sous la protection de Saint-Christophe.

Lorsqu’un deuxième incendie ravage l’église de Saint-Célestin en 1946, il est décidé que la Tour des Martyrs sera l’hôte des offices religieux de la paroisse. Après ce terrible fléau ressenti par toute la population, on élabore des plans grandioses sur lesquels un magnifique temple sera construit au coût de 200 000 $ réunissant à l’intérieur de ses murs une église et un sanctuaire pour les reliques.

La prochaine décennie annonce cependant des temps difficiles pour l’oeuvre de Mgr Marquis. En 1953, les Sœurs Grises songent à abandonner l’héritage que Mgr Marquis leur avait confié cinquante ans plus tôt. Comme l’entretien et la restauration de ce sanctuaire coûte des sommes énormes et que les revenus ne suffisent plus, la Tour des Martyrs et toutes les reliques qui s’y rattachent sont offerts à la Fabrique de Saint-Célestin.

En 1963, la Fabrique de Saint-Célestin prend possession de la Tour. Elle tentera de redonner un nouvel élan à ce jardin qui ressemble à un grand désert, ce qui ne fut malheureusement pas le cas. Le facteur prédominant qui détermina le sort de la Tour des Martyrs fut probablement la révolution tranquille. Le 18 décembre 1975, le travail de démolition de la Tour des Martyrs fut confié à un entrepreneur.

En mai 1986, alors que les reliques sont emballées et reposent au sous-sol de l’église paroissiale, le Curé Ambroise signe un protocole d’entente avec l’Abbé Charles Élie, président de la Corporation du Musée national des religions à Nicolet. Dans cet accord, la Fabrique prête pour une période de dix ans ses ossements sacrés à ce musée.